2020. La santé pour Tous demande de revoir notre approche et nos valeurs morales vis à vis du vivant…

Il s’est écoulé 8 ans entre l’éditorial de 2012 et celui d’aujourd’hui en 2020. Faute à un emploi du temps privilégiant les consultations et les formations à la rédaction.
Mais un détonateur, un messager, une alerte, impalpable, invisible, a déclenché dans le monde entier une vague d’épidémies puis une pandémie à l’heure où j’écris. Une alerte qui fera, j’espère, réfléchir les dirigeants de la planète sur l’opportunité ou non de continuer à vivre selon un mode de production, de consommation délétère pour l’environnement, le monde animal et l’humanité. Cette réflexion s’adresse aussi à chacun de nous, à titre individuel, sur nos habitudes du quotidien et doit nous éloigner d’un système consumériste qui nous fait perdre notre temps à des vétilles dont la source prend naissance dans le puits des certitudes despotiques d’hommes de pouvoir et d’argent.

Et l’ostéopathie dans tout ça ?

Comme dans les autres articles sur ce site, le lien entre l’ostéopathie et ce que j’exprime ci-dessus peut être dérangeant pour celui qui ne veut pas tout mélanger au risque de prendre des raccourcis faussement philosophiques.
Mais cela n’engage que moi. La philosophie ostéopathique demande au praticien de rester humble, de ranger son égo dans un tiroir qui ne doit jamais s’ouvrir le temps de ses consultations. Elle demande une présence, une attention et une intension altruiste, paramètres subjectifs mais nécessaires, de la part de l’ostéopathe afin qu’il puisse œuvrer en toute quiétude à la remise en état de santé optimale du patient qui s’abandonne à lui en toute confiance.

Je pense que pour réussir et traiter correctement, il faut s’affranchir de l’ostracisme souvent présent dans le monde médical où chacun veut s’octroyer « la gloire du ressuscité ». L’état d’esprit de l’ostéopathe demande de la générosité, de la compassion, de la patience, du silence synonyme de paix, de l’écoute synonyme de sagesse pour une guérison optimale dans la limite de ses capacités et compétences.

Alors où en est l’ostéopathie aujourd’hui en France ?

L’approche ostéopathique est de plus en plus sollicitée par la population, de moins en moins décriée et discréditée par des esprits contestataires et corporatistes, marginaux à ce jour.
L’avis et l’expérience des bénéficiaires prévalent sur le dogmatisme légendaire d’une science qui veut sans cesse des preuves à tout bout de champs (la polémique autour de la chloroquine en pleine épidémie en est un exemple flagrant).
On peut écrire ce qu’on veut, de resplendissants galimatias autour de l’ostéopathie, il y a suffisamment de publications et de recul à ce jour pour prouver son efficacité.

Dans la pratique, l’ostéopathe ne peut mentir à son patient. Si c’est le cas, celui ci ne reviendra pas car le corps et l’esprit sont deux entités dont les vibrations sont sensibles au manque d’écoute et d’investissement qui font pourtant du soignant un guérisseur fiable.L’ostéopathe a besoin de se reposer sur l’honnêteté pour exprimer son pouvoir bienfaisant.
Aujourd’hui de plus en plus de mutuelles prennent en charge l’ostéopathie, de façon inégale certes, mais c’est une bonne chose pour les patients.
Ces derniers me demandent souvent quand est ce que l’ostéopathie sera reconnue et remboursée par la sécurité sociale. Je leur réponds instantanément qu’elle est déjà reconnue depuis 2002 ; l’année des décrets sur la réglementation de l’ostéopathie.
2007 futcelle de l’application de ces mêmes décrets. Il y a eu ensuite le fiasco des accréditations des établissements dispensant l’enseignement de l’art ostéopathique, je ne reviendrai pas là dessus car déjà évoqué dans un précédent éditorial.
Notre art justement a besoin de rester libre dans sa pratique et nous refusons d’être reconnus par la sécurité sociale qui nous imposerait de facto des quotas tarifaires et des contraintes sur les différentes techniques ostéopathiques (les masseurs-kinésithérapeutes peuvent témoigner je pense…).
Dans tous les cas, cela n’arrivera jamais, je pense, car l’ordre des médecins et des kinésithérapeutes ne voudront jamais que l’ostéopathie devienne une profession de santé à part entière et de première intention (c’est à dire que le patient puisse venir consulter directement l’ostéopathe sans passer par le médecin).
Soit ! Restons une profession de soins, toujours de 1ère intention mais, j’en conviens, qui nécessiterait une meilleure réglementation, par la création d’un ordre, pourquoi pas, afin de ne pas attirer les « fossoyeurs » bloqués sur le mode de la pensée unique et non respectueux d’une médecine non conventionnelle.
L’ostéopathie, est suffisamment reconnue aujourd’hui car elle fait aussi partie de la médecine intégrative qui réunit plusieurs approches médicales complémentaires dans une situation clinique donnée, selon les aspirations du patient et en accord avec l’équipe médicale et paramédicale.
Ce qui n’empêche pas que l’ostéopathie a besoin d’un code de déontologie actualisé.

Bref, l’ostéopathie se porte plutôt bien en France.
« Avec des consultations qui ont augmenté de 6,5 fois en 15 ans pour atteindre 20 millions par an. Parallèlement, le nombre de diplômés d’ostéopathie a augmenté de 172% en moins de 10 ans.
Nous sommes plus de 31500 en exercice à ce jour, soit 10000 de plus que les sages-femmes et plus du double des pédicures podologues, deux professions bénéficiant d’ordre professionnel…
Dans 5 ans, notre démographie laisse à penser que nous serons au moins aussi nombreux que les chirurgiens dentistes » (Source : Registre des ostéopathes de France).

Pour conclure, je m’adresserai directement aux bénéficiaires des soins ostéopathiques en leur recommandant ceci:

– Consulter un ostéopathe exclusif et diplômé D.O., qu’il soit issu du temps plein, qu’il ait été kinésithérapeute ou médecin, il devra se consacrer exclusivement à la pratique ostéopathique, condition nécessaire que réclame l’exigence d’une approche SANS RISQUE pour le patient.

– Concernant les tarifs de consultation, ne pas en faire forcément un critère déterminant dans le choix du thérapeute ; fiez vous au bouche à oreille et/ou recommandations de votre médecin si celui-ci travaille en collaboration avec un ou plusieurs ostéopathes.
On dit aussi que les ostéopathes vieillissent comme le bon vin, ce qui s’avère souvent vrai; on appelle cela l’expérience, mais cela ne doit pas forcément justifier des tarifs prohibitifs.

– Pour finir, afin de rester en meilleure santé possible, il ne suffit pas de consulter ; pensez à votre hygiène de vie en matière d’alimentation, d’activité physique adaptée et de relaxation, en suivant les recommandations de votre ostéopathe et de votre médecin.

Que l’année 2020 soit guérie de tous ces maux et qu’elle symbolise l’année d’un nouveau paradigme s’appuyant sur le respect de la planète et de tous les êtres vivants sur celle-ci…