Ostéopathe et Véganisme

Dans un 1er temps, je voulais intituler cet article «  Ostéopathie et Véganisme » mais, afin d’éviter d’offusquer les praticiens en la matière et celles et ceux qui ont une connaissance historique de l’ostéopathie, il est évident qu’il serait inopportun et non fondé d’associer le mot « ostéopathie » qui date de 1874 au mot « Véganisme » qui a été inventé en 1944 soit 70 après !

De ce fait, associer l’ostéopathe que je suis au véganisme n’appartient qu’à moi et ne concerne pas les autres de ma corporation.

Dans un 2ème temps, une fois cette considération évoquée, il est important de rappeler la définition de l’ostéopathie et du véganisme.

  • L’ostéopathie, étymologiquement parlant, vient de la combinaison de 2 racines grecques.

– L’ostion qui signifie Os (ostéo).

–  Pathos qui signifie souffrance (pathie).

Andrew Taylor Still, le fondateur de l’ostéopathie (1828-1917) la défini comme une approche manuelle et non énergétique qui permet de traiter le patient dans sa globalité en diagnostiquant et traitant les restrictions de mobilité des différentes structures (os, muscles, ligaments, organes, viscères, fascias, artères, veines, système lymphatique…) du corps de façon à rétablir un état de santé optimal qui permet à l’organisme de s’autoréguler.

  • Le véganisme est un terme anglais inventé par Donald Watson (1910-2005), cofondateur de la végan-society dans le but de définir une philosophie de vie, de consommation, sans exploiter les animaux.

Alors quel rapport entre l’ostéopathe que je suis et le véganisme que je défends avec forte conviction ?

Avant de devenir kinésithérapeute puis ostéopathe, germait déjà en moi l’envie de comprendre la vie, comment la préserver, la respecter et avec quels outils.

Collégien, je militais et distribuais des tracts pour la protection des phoques et autres animaux à fourrure.

La notion de santé est venue se greffer à l’intérêt grandissant que je portais à l’anatomie et au sport. Mon chemin était donc tracé dès le lycée ; j’exercerai une profession de santé !

Dans le même temps, au cours de mes études, la société de consommation, le système ultra-libéral des gouvernements successifs ayant mis en place les mécanismes de production autour de l’industrie agroalimentaire, se sont chargés de me faire un lavage de cerveau (commencé, je n’en doute pas, dès mon plus jeune âge), comme à nous tous d’ailleurs.  A savoir : nous orienter vers une malbouffe industrielle, omniprésente, sans que l’on se pose la moindre question sur les effets délétères pour notre santé et sans la moindre réflexion éthique vis à vis des crimes de masse, via l’élevage, le confinement (ça nous parle, non ?) et les abattoirs à l’abris de nos regards.

Je faisais partie de la majorité des vivants qu’on a endoctriné pour que les impostures sanitaires et bioéthiques se nourrissent de la distance qui sépare le crime de l’autosatisfaction…

Je suis devenu de plus en plus intolérant à la souffrance des autres.

Ma vie professionnelle me permet d’aider autant que possible les êtres humains en difficulté.

Mais dans ma vie civile, je me trouve tellement impuissant devant la souffrance que l’on fait subir aux animaux.

Et puis, les premières vidéos de L214 sont arrivées à la connaissance du grand public, je lisais alors le livre de Matthieu Ricard « plaidoyer pour les animaux »…

Comme un tsunami qui m’arrive en pleine face, comme un boulet de canon catapulté par un trébuchet, comme un miroir qui se brise par l’intensité d’un cri d’effroi, je découvris de quelles horreurs j’étais complice depuis tant d’années en tant que consommateur que je (me) qualifie d’abruti, de crétin, d’insouciant, d’inconscient. Dans le même bateau que les autres crétins, ceux sortis de l’ENA, de mèche avec les crétins de l’industrie agroalimentaire, avec les crétins qui se disent premiers écologistes de France, avec les crétins du cirque et ses animaux esclaves, de la corrida, des marinelands, etc…..

J’en concluais donc que nous étions tous une bande de crétins qui affaiblissions les richesses de la terre, martyrisions nos voisins les animaux.

Le Covid 19 est arrivé pour nous le rappeler, tel un messager, une alerte à la réflexion, au changement.

C’est pourquoi je soutiens fermement le collectif de scientifiques qui appelle à une certaine forme de désobéissance civique, je comprends de plus en plus le radicalisme de certains mouvements que l’on fait passer pour des activistes anarchistes et extrémistes, car le dialogue n’a plus aucun poids face au pouvoir en place qui décide de museler de facto les lanceurs d’alerte de tout bord en les faisant passer pour des terroristes (allusion à Mr Castaner et sa pitoyable cellule Démeter), pour mieux assouvir un  peuple qui ne demande pas forcément, dans ses habitudes de vie associées au confort et au consumérisme, à être bousculé.

Donc ces fameux végans qui embêtent beaucoup de monde, ce sont eux qui avaient tout compris avant nous ! Tout en élargissant notre compassion à la souffrance de tous les êtres sur terre, nous contribuons à mieux préserver cette dernière, à mieux la respecter, à diminuer le dérèglement climatique ! Et finalement on leur fait le même procès qu’à ceux que la haute caste médicale fait à ses pairs chercheurs, sauveurs de vies humaines mais pas forcément rémunérateurs pour l’industrie pharmaceutique.

La société, par son paradigme enraciné, ses dogmes corporatistes, ne supporte pas celles et ceux qui ont « raison » avant qu’elle ait eu le temps de lever le petit doigt.

Alphonse de Lamartine disait «  La critique est la puissance des impuissants ».

En tant que praticien de santé aimant et respectant la vie, je ne peux dissocier le bien être de mon espèce de toutes les autres qui partagent notre planète.

Mon cas de conscience a réussi à escalader la barrière de l’ignorance il y a plus de 5 ans maintenant (que de temps perdu mais haro sur les regrets !) et s’interroge chaque jour pour savoir quand est ce que notre civilisation apprendra à écouter les végans, hier que l’on rangeait dans le camps des hippies, aujourd’hui que l’on retrouve dans toutes les catégories sociales, même dans le monde du sport de haut niveau !

Et je peux affirmer en tant que professionnel de santé que les végétariens, les végétaliens et encore plus les végans responsables sont en meilleure santé physique et psychique que la majorité de la population.

J’entends par responsables, ceux qui avaient déjà de bonnes habitudes alimentaires, qui connaissent à minima ce qu’est un repas équilibré.

J’entends par responsables, ceux qui ont réussi à s’affranchir des critiques, des rires sardoniques, des menaces, des railleries, etc…

Car en effet, pour ne pas rester sur une note péremptoire, je vais donner en partie raison aux détracteurs du véganisme ;

Oui, certains végans sont en mauvaise santé, en raison de carences mais comme il existe en plus grand nombre des malades du système métabolique à cause d’une alimentation dite ordinaire ou « normale » au service de la chimie. Il est surement plus difficile de réapprendre à manger correctement et à sélectionner les bons aliments à une majorité qu’à rééduquer les quelques rares carencés chez les végans, non ?

Oui, certains végans sont psychologiquement instables car il faut une sacrée force de caractère pour résister à la pression d’une société aux invectives incessantes, qui vous ostracise en permanence. Mais, comme il existe en plus grand nombre, des malades du système nerveux et limbique (d’origine neurologique, maladies génératives, Alzheimer, Parkinson, etc…) pensant  qu’ils baignaient dans le bonheur existentiel car restant dans les clous d’une matrice sociétale qu’ils ignoraient toxique.

Je terminerai par une note positive, en disant que je crois en une société meilleure dès lors que chacun de nous prendra conscience que chaque vie sur terre mérite d’aller à son terme suivant les règles de dame Nature et non pas celles imposées par l’être humain.

Alphonse de Lamartine, encore lui, disait « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas ».