2010 : Etat des Lieux sur l’Ostéopathie en FRANCE


La rédaction du dernier éditorial date de 2007, peu de temps après la validation d’un décret par le ministère de la santé sous la gouverne de Mr Xavier Bertrand.

Ce décret a permis de légitimer et de réglementer l’ostéopathie en tant que profession de soins (et non de santé…), avec l’émergence d’une commission d’agrémentation des écoles existantes ou voulant exister par la suite.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Commençons plutôt par le côté obscur qui recouvre d’un voile épais et silencieux le monde ostéopathique avec une tendance à le freiner dans son évolution au sein du système de santé actuel.

La commission d’agrémentation n’a été qu’une vaste mascarade qui a laissé émerger pléthore d’écoles sur des critères peu fiables.

Résultats: plus de 50 écoles en France (contre une dizaine avant 2007), donc pas assez d’enseignants pour assurer des cours de qualité.

Il sort chaque année plus de 2000 nouveaux diplômés, l’offre ne suivant pas encore la demande, beaucoup se retrouvent à exercer une autre profession sans rapport avec l’ostéopathie, pour pouvoir manger !

Les écoles manquant de professeurs ont donc sous la main un vivier « d’affamés » prêts à dispenser des cours sans aucune expérience derrière eux.

La qualité de l’enseignement se retrouve à son plus bas niveau.

L’ostéopathie, étant un vrai phénomène de mode, beaucoup de jeunes étudiants se lancent dans ces études, plus par appât du gain (c’est une pratique d’hameçonnage très connue des écoles voulant faire le plein en première année, sacré leurre !) que par réelle vocation.

Ne généralisons pas cependant, et heureusement il existe de véritables futurs passionnés de la santé humaine, attirés par le concept ostéopathique selon Andrew Taylor Still, fondateur de l’ostéopathie.

Le dogmatisme médical et paramédical (sous contrôle du corporatisme de certains médecins, des labos et des syndicats) figé dans son paradigme obsessionnel, fait encore tout ce qu’il faut pour que l’ostéopathie ne soit pas reconnue comme une vraie profession de santé à part entière.

J’étais moi-même kinésithérapeute pendant 13 ans et j’en suis fier, mais le diplôme d’ostéopathie en poche, je n’ai jamais autant progressé en pratique et dans la compréhension de la lésion dite ostéopathique, que quand j’ai arrêté définitivement la kinésithérapie car ce sont bien deux professions totalement différentes (par leur histoire, leur principe, leur philosophie et donc par leur pratique).

Parlons maintenant du côté éclairé et enthousiaste qui anime le monde ostéopathique de nos jours.

Bien que la crise soit passée sur notre territoire national en laissant quelque cicatrice sur le plan social et de l’emploi, force est de constater que depuis 2-3 ans, il n’y a jamais eu autant de personnes qui se sont tournées vers un ostéopathe. En effet, la liste des mutuelles prenant en charge les séances d’ostéopathie ne cesse d’augmenter chaque année. Elles sont le reflet d’une évolution des mentalités et d’une reconnaissance croissante de cette approche auprès du public.

L’enseignement, imposé par les textes d’application de la loi sur l’ostéopathie en mars 2007, a évolué depuis, même s’il reste des restrictions et des lacunes qu’il faut vite corriger.

En effet, depuis 2009, la formation légale minimale des ostéopathes est passée à 3520h (soit 4 années au lieu de 3) par la volonté du parlement (article 64 de’ la loi HPST, «  Hôpital-Patient-Santé –Territoire » du 21 juillet 2009), les techniques viscérales et crânio sacrées devant maintenant (conformément à l’Arrêté du Conseil d’état du 2 » janvier 2008) être enseignées dans le cursus ostéopathique.

Des contrôles vont être organisés sous l’autorité de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) pour les établissements de formation mais également  dans les cabinets d’ostéopathie.

Sans faire de forcing, en restant humble, en ayant une ouverture d’esprit, en connaissant ses limites et en pratiquant avec rigueur et conscience professionnelle, l’ostéopathe a les armes nécessaires pour contribuer à la reconnaissance de son art.

Aujourd’hui, je constate que des médecins, des kinésithérapeutes, des sages femmes, orientent sans problème et dans un souci de saine collaboration leur patient vers des ostéopathes quand ils le jugent nécessaire et avec une confiance réfléchie.

Laissons faire le temps, prenons soin à chaque instant, à chaque moment, tout au long de notre existence de chacun de nos patients.

Comme pour la « structure » du corps qu’il ne faut pas brusquer, soyons à l’écoute et allons tout doucement dans le sens du vent, du courant, du temps, du souffle de la vie, la matière n’en sera que plus maniable , les esprits de nos contemporains n’en seront que plus reconnaissants.

Pour terminer, je réitère mes recommandations pour votre sécurité et la qualité des soins que vous êtes en droit d’exiger.

Allez voir un ostéopathe exclusif, c’est-à-dire qui ne pratique que l’ostéopathie (acte non remboursé par la sécurité sociale mais pris en charge par certaines mutuelles) qu’il ait été kiné, médecin ou sans pré requis médical ou paramédical, du moment qu’il soit allé jusqu’au bout de sa formation (demandez lui quelle école il a faite et pendant combien d’années).
Evitez les kinéostéo, les médecinostéo, les « je ne sais quoi » ostéo, etc.… qui pratiquent l’ostéopathie, comme une simple technique subsidiaire. Leur formation n’est pas complète, les statistiques sont là, ce sont ceux qui font craquer dans tous les sens sans prendre le temps de connaître et de comprendre la logique d’une chaîne lésionnelle et le risque de mal faire prend tout son sens dans ces cas là.

Mais, pour tout savoir sur l’ostéopathie, les ostéopathes, la législation en vigueur, je vous conseille, pour conclure cet éditorial, de consulter le document ci-dessous qui a été rédigé par la Chambre Nationale des Ostéopathes.

Bonne lecture à tous et bons soins chez votre fidèle ostéopathe !